André Brink, écrivain engagé

Ses livres font partie de la bibliographie classique à conseiller avant un voyage en Afrique du Sud. Ce grand écrivain, blanc, afrikaner et militant anti-apartheid, ami de Nelson Mandela, traduit dans 36 langues, décoré par la France de la Légion d’honneur en 1982 et fait officier de l’ordre des arts et des lettres en 1987, est mort le 6 février, à l’âge de 79 ans. Sélection parmi sa vingtaine de romans et d’essais.

1
Au plus noir de la nuit (1973)

André Brink devient le premier écrivain afrikaner frappé par la censure en Afrique du Sud pour ce livre qualifié de « roman pornographique » : il s’y attaque au tabou des relations sexuelles entre blancs et noirs, formellement interdites par les lois du régime de l’apartheid.

2
Une saison blanche et sèche (1979)

C’est son livre le plus connu, immédiatement interdit en Afrique du Sud et publié à Londres. Il raconte l’histoire d’un professeur, blanc, qui se lance dans une enquête sur le sort du jardinier, noir, de l’établissement où il est enseigne et pour lequel il s’est pris d’amitié. Ce dernier est mort, « suicidé », en prison, alors qu’il cherchait à en savoir plus sur la disparition de son fils, décédé après avoir été arrêté durant une manifestation. André Brink fait alors découvrir à toute une génération l’apartheid, dont il dénonce les exactions. Un message d’autant plus crédible qu’il est afrikaner. Couronné du Prix Médicis étranger et du Martin Luther King Memorize Prize en 1980, le texte est adapté au cinéma en 1989, par Euzhan Palcy, avec Donald Sutherland et Marlon Brando.

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3
Sur un banc du Luxembourg : essais sur l’écrivain dans un pays en état de siège (1983)

Les liens d’André Brink avec la France remontent à ses études, à la Sorbonne, à Paris, entre 1959 et 1961, où il a obtenu un diplôme de littérature comparée. C’est sur un banc du jardin du Luxembourg qu’à 25 ans, l’étudiant comprend pour la première fois l’horreur dont le régime de son pays est capable. Ce 21 mars 1960, la police a tiré sur des manifestants à Sharpeville, township de Vereeniging, à une soixantaine de kilomètres de Johannesburg, faisant 69 morts, la plupart d’une balle dans le dos.

4
Un turbulent silence (2003)

Une révolte d’esclaves dans une ferme isolée en Afrique du Sud, en 1824, voit deux paysans blancs, Barend et Nicolaas, opposés à une poignée de travailleurs noirs. L’esclavage sera aboli quelques mois après l’insurrection, et l’apartheid bani un siècle et demi plus tard…

5
Les droits du désir (2000)

La passion d’un sexagénaire pour une beauté métisse. La légende raconte que ce roman fut écrit en écho à Disgrâce de J.M. Coetze, autre grand écrivain blanc sud-africain, avec Nadine Gordimer, ces deux derniers ayant reçu le prix Nobel de littérature, respectivement en 2003 et 1991.

6
Mes bifurcations (2008)

Livre de mémoires dans lequel André Brink tire un bilan assez sombre des quinze premières années post-apartheid, notant que la liberté chèrement acquise n’a pas exorcisé tous les démons de son pays…

7
Philida (2014)

Son dernier livre traduit en français évoque la révolte d’une jeune esclave en 1832.

Les livres d'André Brink traduits en français sont publiés par les éditions Stock et Actes Sud.

© photo principale : Actes Sud ; © photos article de haut en bas : Actes Sud