L'Art Déco à Joburg

L'apparition de l'Art Déco à Johannesbourg

Surgie en 1886 sur de hauts plateaux quasiment désertiques, Johannesburg vit quarante ans plus tard une phase de transition, entre une architecture classique dite edwardienne et l’influence de l’Amérique. En 1932 s’accumulent les catastrophes économiques : peste bovine, sécheresse historique et Grande Dépression. Mais le 27 décembre, le pays abandonne l’étalon-or au moment où le dollar américain connaît une forte dévaluation. L’effet est immédiat. Le secteur minier rebondit, et l'économie de Johannesbourg avec.
Johannesbourg se transforme avec frénésie en « petite New York». Les immeubles d’habitations poussent au cœur d’une ville en mutation complète, qui se développe autour de nouveaux cinémas, bars, grands magasins. Les plus hauts édifices des années 20 comptent jusque dix étages. En quelques années, ils se dressent sur plus de 20 étages, détenant pour un temps les records mondiaux, tel l'Anstey’s édifié en 1937.
Les silhouettes et les décors intégrés à l’architecture s’inspirent autant de l’Ancienne Égypte que de l’industrie automobile américaine et du style Art Déco qui se répand à travers le monde.

Top 4 des immeubles Art Déco

Arop House, 1931-1935 (79 Von Brandis Street, angle Kerk)

L'immeuble a été conçu par Kallenbach, Kennedy and Furner, l’un des plus importants cabinets d’architecture de l’époque. On doit à Kallenbach le réaménagement de la Satyagraha House qu’il habitait alors avec Gandhi. La Arop House est aujourd'hui très délabrée.

Astor Mansions, 1933 (angle Von Brandis et Jeppe Street)

C'est l’un des édifices phares de la transition. Obel and Obel ont conçu un immeuble moderne, doté de deux ascenseurs rapides qui desservent bureaux et petits logements équipés de salle de bains, cuisine et eau chaude collective.

Anstey’s, 1937 (59 Joubert Street, angle Jeppe)

Le cabinet Emley and Williamson a conçu ce bâtiment pour les grands magasins Anstey. De somptueux espaces commerciaux occupaient alors les quatre premiers niveaux, surmontés de petits appartements sur 20 étages. Considéré à son achèvement comme l’un des plus hauts immeubles au monde, l’Art Déco se devine surtout dans les parties commerciales et annonce les formes épurées du modernisme.

Normandie Court 1937 (Delvers Street, angle Kerk)

Il porte le nom du célèbre transatlantique français, qui détenait alors deux records de traversée de l’Atlantique. Les architectes Grinker and Skell se sont inspiré de l’architecture navale : angle profilé, hublots, motifs de décors intérieurs.

© photo principale : Patrick de Mervelec