Le sauvetage des tortues

J’ai la chance d’être ranger volontaire (Honorary Ranger) au parc national des éléphants d'Addo depuis plusieurs années. Je vais donc avoir le plaisir de partager certaines de mes histoires dans le bush avec vous !

Le retour des tortues léopards au printemps

blog-afrique-du-sud-pn-elephants-addo-tortue-leopard (2)Les tortues léopards géantes sont en général très discrète dans le bush. Elles hibernent en hiver et il est quasiment impossible de les apercevoir. Il en va autrement en octobre, début du printemps austral puisque cet animal préhistorique, herbivore et qui vit plus de 100 ans, fait alors sa réapparition. C'est le moment où l'observer, puisque l'animal est présent partout dans le parc : sur les pistes, dans le bush, dans les mares, etc. Même très lourdes – les adultes pèsent en moyenne 15 à 25 kg –, elles n’hésitent pas à se rafraîchir comme le montre la photo ci-dessous. La jeune étudiante qui travaillait avec moi ce jour-là, croyait que cette tortue allait se noyer !

 

Le danger des clôtures pour les tortues léopards

blog-afrique-du-sud-pn-elephants-addo-tortue-leopard (3)C’est en fait lors de nos patrouilles de contrôle des clôtures électriques du parc, surtout en janvier et février, que nous rencontrons de sérieux problèmes avec les tortues. Comme les pluies ne sont plus aussi fréquentes dans le parc, le terrain devient sec et aride. Les animaux herbivores n'ont pas suffisamment d’herbe pour se nourrir. « L’herbe paraît toujours plus verte chez le voisin » dit le proverbe et c'est aussi ce que semblent penser les tortues du parc. Les tortues ont le sens de l'odorat très aiguisé et sont attirées par les fermes voisines. Elles cherchent donc à quitter le parc… en passant sous des fils électriques d'une tension dépassant les 6000 volts. Lors de nos missions de contrôle, nous rencontrons donc très souvent des tortues mortes électrifiées, et devons circuler quotidiennement afin d’éviter trop de pertes.
Les 14 et 15 février 2015, nous avons sauvé plus de 20 tortues sur une moyenne de 30 km parcourus le long des clôtures. La meilleure solution pour les sauver est de les transporter dans un carton quelques kilomètres plus loin dans un lieu où l’herbe est saine et meilleure à manger. Mission accomplie… celle-ci a été relâchée dans une grande prairie du parc.

© photo principale : Yolande de Vinck ; © autres photos : Yolande de Vinck