Un nouvel entraîneur pour les Springboks

Allister Coetzee, métis natif de Grahamstown, dans la province du Cap oriental, va devoir relever deux défis, sportif et politique : des résultats décevants ces derniers mois et une équipe aux couleurs pas très « arc-en-ciel »…

Springboks, du nom d’une gazelle qui effectue de grands bonds lorsqu’elle est pourchassée, l’équipe nationale de rugby, qui a aussi pour emblème la protea, fleur sud-africaine, compte parmi les meilleures de la planète. À partir de juin, les joueurs auront un nouvel entraîneur, Allister Coetzee, nommé ce mois d’avril et qui succède à Heyneke Meyer, en poste depuis quatre ans. Sa mission : les faire gagner, mais aussi intégrer au moins 50% de sportifs noirs d’ici 2019, à l’image de la nation « arc-en-ciel ».

Défi sportif

Quand les Springbox ont été pour la dernière fois champions de monde, en 2007, en France, Allister Coetzee était l’adjoint du sélectionneur, Jack White. Il devra faire remonter la pente aux joueurs au célèbre maillot vert et jaune, dans le creux de la vague malgré leur troisième place au dernier Mondial, en 2015. Les Springboks ont en effet subi cinq défaites sur les onze derniers tests, dont une humiliation contre le Japon. Autre blessure : les sept dernières confrontations avec leur grand rival, les All Blacks néo-zélandais, se sont soldées par six défaites ! Le baptême du feu du nouvel entraîneur aura lieu en juin, avec trois test matches (rencontre entre deux équipes nationales en dehors de toute compétition officielle) contre l’Irlande, au Cap, à Johannesburg et à Port-Elizabeth, avant d’enchaîner avec le Tournoi des quatre Nations.

 

Défi politique

Âgé de 52 ans, l’ancien demi de mêlée dirige actuellement l’équipe japonaise de Kobe. Dans l’ancien pays de l’apartheid, ce coloured, métis de langue afrikaans, devient le second entraîneur non blanc des « Boks », après Peter de Villiers (2008-2011). Historiquement, le rugby est le sport des Blancs, le foot celui des Noirs. Un clivage auquel s’était attaqué, avec génie, Nelson Mandela, en soutenant l’équipe nationale en 1995 qui deviendra championne du monde. L’image si symbolique du président noir remettant la coupe de la victoire au capitaine blanc, François Pienaar, avait inspiré à Clint Eastwood son émouvant film Invictus (2009).

Depuis, les choses semblent n’avoir guère évolué : au dernier Mondial, en 2015, les Springboks n’alignaient, en moyenne, que trois joueurs noirs par match, pourtant 80% de la population pour 9% seulement de Blancs. Dans son équipe du Cap, les Stormers, qu’il a encadrés de 2010 à 2015, Allister Coetzee parvenait à placer sur le terrain une équipe composée pour près de la moitié de Noirs… Un argument qui a joué en sa faveur pour ce nouveau poste à la tâche jugée bien ambitieuse par les médias sud-africains, dans un délai si court.

 

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